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Communiqué de presse : prise d’influence de multinationales américaines sur la position du Luxembourg en matière de la législation « droits humains, climat et environnement » - Lobbying au Luxembourg

  • il y a 6 heures
  • 3 min de lecture

Luxembourg, le 26 mai 2026 - 20 semaines de silence[1], 4 questions parlementaires ciblées, 2 députés mobilisés sans relâche, 4 ministres hésitants[2]. Voilà le résumé d’un épisode révélateur : celui de l’influence qu’exerceraient des multinationales américaines sur la position du gouvernement luxembourgeois dans les négociations sur la directive relative au devoir de vigilance en matière de durabilité (CSDDD).


Ce n’est qu'à la suite d'une quatrième question parlementaire - dont trois de S. Tanson[3] et une de F. Fayot - que le gouvernement, via le ministre de l’Économie Lex Delles[4], a finalement révélé les noms des entreprises impliquées : ExxonMobil, Koch Inc. et Guardian.

Ces multinationales ont mené des actions de lobbying auprès du Luxembourg contre une directive visant précisément à encadrer la responsabilité des entreprises en matière de droits humains, de climat et d’environnement — y compris pour les grandes entreprises actives en Europe.


Alors que la réunion entre le ministre de l’Économie et Guardian aurait porté sur la situation économique et la charge administrative pesant sur les entreprises industrielles, les informations concernant l’entrevue avec Koch Inc., organisée à l’ambassade du Luxembourg à Washington, restent particulièrement lacunaires.


Une alliance discrète : la « Competitiveness Roundtable »


Selon les révélations de l’ONG SOMO, une alliance informelle regroupant onze entreprises — dont ExxonMobil et Koch Inc. — a opéré sous le nom de « Competitiveness Roundtable » afin de faire échouer ou d’affaiblir substantiellement la directive CSDDD.


Alors même que les citoyens européens étaient informés de négociations en vue d’une législation historique visant à responsabiliser les entreprises face aux violations des droits humains et aux impacts climatiques, cette alliance de multinationales, majoritairement issues du secteur des énergies fossiles et basées aux États-Unis, agissait en coulisses pour en réduire la portée.


Les documents analysés par SOMO montrent que plusieurs de ces entreprises souhaitaient rester dans l’ombre. Une coordination discrète d’acteurs tels que Chevron, ExxonMobil ou Koch Inc. pour affaiblir une législation européenne majeure n’aurait pas manqué de susciter de vives réactions publiques.


Le Luxembourg dans la ligne de mire


La « Competitiveness Roundtable » avait attribué à certaines entreprises la responsabilité d’entretenir des relations avec des gouvernements européens spécifiques. ExxonMobil aurait ainsi été en charge de l’Allemagne, de la Hongrie et de la République tchèque. Selon un document daté du 16 mai 2025, Koch Inc. se serait vu confier les relations avec les gouvernements polonais — et luxembourgeois.


En dehors de l'UE, ce sont les États-Unis qui comptent le plus grand nombre de groupes d'entreprises (182)[5] soumis à la directive CSDDD (estimations de SOMO[6]). Les entreprises non européennes rentrent dans le champ d’application de la directive si leur chiffre d'affaires au sein de l'UE atteint le seuil de 1,5 milliard d'euros.


Une influence préoccupante pour la démocratie européenne


Si ces activités ne sont pas illégales en tant que telles, elles dépassent le cadre d’un lobbying classique. Elles traduisent une stratégie coordonnée visant à démanteler une initiative législative clé contre l’impunité de multinationales en matière de droits humains, de climat et d’environnement. Le résultat est désormais visible à travers la dérégulation portée par le paquet Omnibus I.


Servir les intérêts des géants des énergies fossiles ne renforce ni la compétitivité ni la crédibilité internationale de l’Union européenne et de ses États membres dont le Luxembourg. Au contraire, cet épisode illustre la facilité avec laquelle des intérêts privés puissants peuvent peser sur des processus démocratiques — au détriment de l’intérêt général.


Le communiqué est téléchargeable au format PDF ci-dessous :


Liens et documents annexes :

[1] À compter à partir de la première réponse du 19 janvier 2026, voir ci-dessous :

[2] les quatre membres du gouvernement impliqués étaient L. Frieden, L. Delles, Xavier Bettel et E. Margue

[3] Voir première QP du 11 décembre 2025 ci-dessous :

[4] Voir QP 63388 ci-dessous :

[5] Les États-Unis qui comptent le plus grand nombre de groupes d'entreprises (182), sont suivis du Royaume-Uni (69), du Japon (51) et de la Suisse (47).


Copyright : SOMO

 
 
 

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