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Initiative pour le respect des droits humains par les entreprises : les belges se lancent aussi


Un défilé de mode pour témoigner des violations des droits humains dans le cadre de l'action « Rana Plaza - Never again » organisée place de la Monnaie (Bruxelles, BELGIQUE) le 24 avril 2019.


Le 24 avril 2019, 6 ans après la catastrophe du Rana Plaza (24 avril 2013) qui avait coûté la vie à 1134 personnes au Bangladesh, 30 organisations de la société civile belge ont rejoint la mouvance internationale en faveur de normes contraignantes pour responsabiliser les entreprises. Elles exigent l’adoption d’une loi qui oblige les entreprises à respecter effectivement les droits humains et l'environnement, tout au long de leurs filières d'approvisionnement internationales ou dans leurs filiales à l’étranger, et qui les rend légalement responsables si elles ne le font pas . Selon les organisations, il est également important que les personnes qui subissent un impact négatif résultant d’activités d'entreprises ayant un lien belge (même si ces victimes se trouvent hors de Belgique) aient accès à la justice et à une réparation en Belgique.


L´initiative de la société civile belge se base sur la récente étude (Towards socially sustainable supply chains ? – Belgians companies´approach to human rights and working conditions in their supply chains) publiée par Dr. Huib Huyse et Dr. Boris Verbrugge. Les deux chercheurs sont arrivés à la conclusion que la Belgique était à la traîne par rapport à ses voisins en ce qui concerne la mise en place d'un cadre politique qui incite les entreprises à rechercher des chaînes d'approvisionnement plus responsables. Ils constatent que le « plan d´action national entreprises et droits de l´Homme » du gouvernement belge apparait comme inefficace et remettent en cause la prise de mesures volontaires qui sont majoritairement insuffisantes dans le cadre du respect des droits humains et de l´environnement.


Le lancement de l´initiative belge s´inscrit dans la lignée de celle de ses voisins européens. La société civile des pays comme la Finlande, le Royaume-Uni, le Luxembourg, la France ou encore le Danemark (liste non exhaustive) a déjà entamé des campagnes sur le respect des droits humains et l´environnement par les entreprises. La France a même franchi un pas supplémentaire en adoptant en 2017 la loi sur le devoir de vigilance. À l´échelle européenne, la campagne « Des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales – STOP ISDS» formule une demande claire à l´Union Européenne de mettre un terme aux privilèges des multinationales en révoquant les clauses d´arbitrage entre investisseurs et États des accords de commerce et d´investissement en vigueur. Elle exige également de l´Union Européenne la poursuite des négociations aux Nations Unies en vue de l’adoption d’un traité contraignant relatif aux entreprises multinationales et aux droits humains, mettant fin à leur impunité.

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