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Quelle place pour les droits humains dans la chaîne de valeur des entreprises?


Lors d’une récente entrevue avec des coordinateurs de l’Initiative pour un devoir de vigilance (IDV), la nouvelle présidente de l’OGBL, Nora Back, a souligné l’importance que peuvent revêtir des délégués syndicaux dans la mise en œuvre d’un devoir de vigilance efficace quant au respect des droits humains dans le cadre des activités des entreprises. Des formations inspirées des principes directeurs des Nations Unies sont d’ailleurs déjà prévues par l’OGBL pour les représentants du personnel afin de les sensibiliser à ce sujet important, dont la mise en œuvre constituerait une mesure préventive dans le cadre de la lutte contre les violations des droits humains.Nora Back a notamment rappelé dans ce contexte que l’OGBL, en tant que membre fondateur de l’IDV, a adopté lors de son congrès, en décembre 2019, une résolution afférente pour que le gouvernement prenne ses responsabilités: «Nous attendons également que le gouvernement luxembourgeois prenne rapidement une initiative concrète afin d’initier, tant en Europe qu’au Luxembourg, la mise en place d’une loi contraignante et effective pour un devoir de vigilance permettant de garantir le respect des droits humains et de l’environnement tout au long de la chaîne de valeur.»L’OGBL lance par ailleurs un appel à l’adresse de l’UEL visant à ce qu’elle soutienne également l’initiative. Si de nombreuses entreprises se sont certes dotées de chartes éthiques ou de programmes de responsabilité sociale (RSE), force est de constater que ces mesures, même si elles vont dans la bonne direction, n’ont pas réussi à empêcher les violations des droits humains à l’échelle mondiale. L’OGBL tient également à souligner dans ce contexte qu’une mesure contraignante en matière de devoir de vigilance ne s’oppose pas à une économie dynamique, comme le prouvent certains pays ayant déjà adopté une telle mesure. D’ailleurs, aucune étude n’a jamais démontré que des normes contraignantes en matière de droits humains nuisent à la compétitivité d’un pays. Les intérêts économiques peuvent donc être parfaitement poursuivis dans le respect des droits humains.

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